Comment les hormones féminines impactent le cerveau

Expliquer comment les hormones féminines impactent le cerveau EST féministe et libérateur ! En connaissant ces effets, tu peux optimiser ton quotidien, gagner en performance et maximiser ton bien-être.

effets des hormones sur le cerveau pendant le cycle menstruel et féminisme

On pourrait penser que les effets des hormones du cycle menstruel sur le cerveau des femmes sont des accidents de la nature. Un genre de dommage collatéral du mécanisme de fertilité féminine. Que nenni !

La stratégie (bien aiguisée) du cycle menstruel potentialise la reproduction humaine. Et l’effet des hormones sur le cerveau des femmes en fait intégralement partie.

Mais pour que ces données nous rendent notre puissance et notre pouvoir sur nos propres vies de femme, encore faut-il… les reconnaitre.

Comment les hormones féminines impactent le cerveau pendant le cycle menstruel ?

Le cycle menstruel de la femme se compose de quatre phases majeures et distinctes. Pour chacune de ces phases, il y a des variations hormonales qui lui sont propres.
Mais, j’ai déjà expliqué tout ça dans mon article Cycle Hormonal et Équilibre, que tu peux relire si tu as besoin de rafraichir tes connaissances sur le cycle menstruel ☺.

Aujourd’hui, nous allons surtout parler de l’effet des hormones sur le cerveau, phase par phase.

Phase folliculaire

Lors de la phase folliculaire, le taux d’oestrogène augmente progressivement.

Cette hormone est celle de la fertilité, mais elle impacte également le cerveau. Notamment, deux zones en particulier sont stimulées :
– l’amygdale (liée aux émotions),
– ainsi que l’hypothalamus (liée à la mémoire).

Comment se sent le cerveau en phase folliculaire ?
Notre bien-être augmente progressivement ! Les neurotransmetteurs de type anti-dépresseur et caféine naturels sont boostés.

Ce sont aussi nos capacités d’élocutions* qui sont boostées à ce moment du cycle. En échange, notre capacité à nous repérer dans l’espace décline un peu avec la montée de l’oestrogène.

Donc euh… conclusion : C’est le moment idéal pour lancer et pitcher un projet et se prendre des murs bien s’enraciner dans l’instant présent.

Impact des hormones féminines sur le cerveau dans la zone du langage et mémoire verbale

Phase ovulatoire

La montée de l’oestrogène suit son cours, et avec elle la testostérone atteint aussi son pic : la vitalité et les social-skills sont boostés. L’esprit de compétition peut être au rendez-vous et nous donner envie de nous dépasser.

Une grande place est alors faite à la sexualité. Normal, on est fertiles que quelques jours par cycle menstruel, faudrait pas rater le coche selon Mère Nature !

Pendant la phase ovulatoire, nous allons être plus attirées par les hommes à fort niveau de testostérone et au bon patrimoine génétique. Mais pas comme des chiennes en chaleur, non. Car l’oestrogène booste la libido, mais c’est en phase ovulatoire que nous avons les meilleures capacités de réflexion. Car il n’y aurait aucun intérêt pour le développement et la survie de l’espèce humaine que nous copulions avec le premier venu, qu’on se le dise !

Conclusion : Nous pouvons mettre à profit notre capacité de réflexion surboostée pour choisir nos fucks-buds avec soin prendre des décisions face à des situations délicates.

Phase lutéale

Après l’ovulation, inversion de la tendance hormonale. Les oestrogènes chutent au profit de la progestérone.

Cette dernière stimule notamment le neurotransmetteur GABA qui relâche nos muscles et nous invite à littéralement “récupérer”.

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Nous avons une sorte de faim de la vie et sommes plus sujettes aux fringales émotionnelles, surtout si il existe une carence en progestérone (c’est très courant).

La proximité de notre famille et de nos amies proches sont généralement à l’honneur en phase lutéale, nous avons plus besoin de nous sentir connectés à ceux que l’on aime.

Un autre trait majeur de la progestérone sur le cerveau, c’est de le rendre hyper-sensible à l’hygiène.
Le système immunitaire se mettant légèrement en retrait pendant cette phase, notre cerveau développe notre dégoût pour nous protéger des infections potentielles. Même les partenaires potentiels peuvent devenir repoussant si ils sont malades !

Conclusion : C’est OK de redevenir une version de soi un peu plus imparfaite, et c’est même normal à cette période. C’est un moment pour recharger les batteries !

Par exemple : là, j’écris cet article en pleine phase lutéale (mon planning pro ne coïncidait pas avec mon calendrier menstruel ce mois-ci). Et ben crois-moi, je galère à trouver mes mots aujourd’hui !

Phase menstruelle

Chuuuuuuute des hormones ! Les ovaires sont enfin un peu tranquilles, mais ton cerveau risque de se sentir un peu seul.

Tu peux même souffrir d’un vrai “manque” d’hormones et ressentir, par exemple : de la déprime, une grande fatigue et une hyper-sensibilité.

D’ailleurs, ça peut même commencer dès la phase lutéale, car la progestérone est sécrétée par “pics” (et non harmonieusement comme l’oestrogène) et décroit parfois très rapidement. La migraine prémenstruelle est un signe typique de la chute de la progestérone.

Conclusion : C’est ok d’être de te sentir au 36ème dessous pendant les menstruations (et c’est aussi OK de se sentir bien, on est pas toutes égales) et de prendre soin de ton corps.

Il existe un parallèle entre le cycle menstruel et les archétypes du féminin. C’est une façon plus poétique et symbolique de retranscrire l’effet des hormones sur notre cerveau et notre psyché et de nous questionner sur la façon dont nous vivons les choses.
| Lire aussi : Archétypes féminins : les relier au cycle menstruel

Comment les hormones féminines impactent le cerveau pendant et après la grossesse ?

Si tu as déjà été (ou si tu es) enceinte, tu as sans doute ressenti ce qu’on appelle le PREGNANCY-BRAIN ! Ce que mon mec résume de la manière suivante : “Marj’ enceinte ? on dirait qu’elle a pris du LSD pendant 9 mois”.

D’ailleurs, après quelques semaines de grossesse, j’ai rapidement ressenti que ma façon de penser et répondre aux sollicitations du quotidien avait changée (en bien !).

Une histoire de plasticité cérébrale

Impact des hormones de grossesse sur le cerveau de la femme enceinte : le pregnancy brain est intelligent !

Les scientifiques (et les féministes) sont formels : la plasticité cérébrale (façon dont le cerveau s’auto-modifie en fonction de l’environnement de son humain) n’a pas de genre. En gros, si on prend un cerveau (mort) d’homme et un cerveau (mort) de femme, il serait impossible de distinguer lequel était à qui.

Pourtant, les zones du cerveau concernant le langage sont plus grande de 11% chez les femmes. Et les hommes ont deux fois plus de surface liée aux pensées sexuelles !
Néanmoins, il semblerait que cela soit une histoire de culture et éducation. Ces derniers influenceraient le développement de telle ou telle zone du cerveau.

Le pregnancy-brain est super intelligent

Il y a bien un moment dans la vie du cerveau d’une femme qui va le transformer : la grossesse !

Ce mécanisme est à l’origine de l’expression “pregnancy brain” (cerveau de grossesse), un terme moitié-mignon moitié-pas-sympa pour décrire la future-maman qui a tendance à perdre un peu la tête.

En fait, la femme est en train de programmer son cerveau pour “apprendre” de son futur bébé (c’est genre : quand il pleure COMME CA, il a en fait besoin de CA : c’est le fameux “instinct maternel”).

Pendant la grossesse, les hormones féminine impactent le cerveau dans les zones de mémoire à court-terme et dans la mémoire verbale, surtout. Mais en vérité, les apprentissages sont maximisés !

Les hormones de grosesse potentialisent donc les apprentissages, mais aussi l’empathie, vigilance et intuition (Quelle jeune maman n’a pas eu des visions d’horreur à répétition à propos de son nouveau né ?).

Ceci dit, le “brouillard mental” parfois ressenti pendant la grossesse est sans doute le fait d’une optimisation de l’énergie : on ne peut pas être en train de fabriquer une main gauche ET d’avoir un cerveau qui carbure à la clarté mentale.

Les hormones au service de l’intelligence immunitaire

Pendant la grossesse, les hormones œstrogène et progestérone voient leur taux exploser. C’est pour maintenir la gestation, modifier le corps en fonction des besoins de la grossesse (comme faire de la place à ce fœtus qui grandit) et préparer l’accouchement, bien entendu.

Mais un des effets du taux de progestérone est, comme lors de la phase lutéale du cycle menstruel, de rendre la future maman hyper-sensible aux foyers infectieux. Elle et son futur bébé sont particulièrement fragiles, surtout au premier trimestre.

C’est pourquoi elle peut avoir des nausées et être littéralement dégoutée par certains aliments. Elle aurait pu se laisser tenter par cet œuf un peu louche à un autre moment, mais pendant la grossesse, son cerveau tire la sonnette d’alarme !

Allaitement : un effet (inattendu) sur le cerveau

Quand la femme allaite, deux hormones sont produites : la prolactine (hormone de la lactation) et l’ocytocine (hormone de l’attachement).

Une étude* a montré que face à une agression, les femmes allaitantes gardent davantage la tête froide par rapport aux autres mamans. Non seulement elles ont une meilleure réponse, mais en plus leur niveau de stress est bien plus bas !

En outre, si les femmes perdent 1% de “capacité intellectuelle” (principalement dans la zone verbale) au moment de l’accouchement, il faut aussi dire que ces capacités remontent à +5% après quelques mois d’allaitement 😉

Quels sont les effets de la pilule sur le cerveau et le corps de la femme ?

effet de la pilule sur le cerveau des femmes : déprime, chute de libido, prise de poids...

Comment les hormones féminines impactent-elle le cerveau quand on prend une contraception hormonale ? La pilule court-circuite les stratégies hormonales sur le cerveau. C’est bien simple, il n’y a tout simplement pas de cycle menstruel quand on prend une pilule estroprogestative !

Que se passe-t-il ? Les hormones hypophysaires (F.S.H et L.H.) sont totalement endormies. Remplacées par une forme de synthèse, le taux d’oestrogène est assez bas et le taux de progestérone assez élevé. Mais les deux sont totalement constant et créent une sorte de phase lutéale infinie et trafiquée.

En cas de prise d’une contraception progestative (“micropilule”, DIU hormonal ou encore implant), c’est un peu différent car 40% des femmes ont encore un cycle menstruel mais tellement déréglé que la fertilité est bien sur quasi-nulle.

Des bénéfices liés aux oestrogènes perdus

Dans tous les cas, les bénéfices liés à l’effet des hormones sur le cerveau sont perdus. La femme ne connaitra plus les boosts liés aux pics d’oestrogène :

  • Absence des moments de concentrations et de clarté mentale intenses qui ont normalement lieu en phase folliculaire et ovulatoire ;
  • Peau et muqueuses naturellement moins hydratées ;
  • Chute de la libido ;
  • Moindre lubrification vaginale.

En outre, le fait d’avoir un corps disponible continuellement pour la sexualité peut (statistiquement) entrainer davantage de de refus de rapport au sein d’un couple. Si certains médecins nient l’absence de la chute de la libido sous pilule, les femmes ressentent clairement cette chute et qu’elle joue sur la qualité de la sexualité entre les partenaires.

J’ai demandé aux femmes comment elles s’étaient senties après l’arrêt de la pilule sur Instagram et voici les réponses :

Comment les hormones féminines impactent le cerveau ?
Se sentir libérer après l'arrêt de la pilule
Impact de la pilule sur la libido des femmes
Arrêt de la pilule et effets sur le cerveau et le corps

Les femmes qui prennent la pilule ne choisissent pas les mêmes partenaires

En outre, de nombreuses études posent la question du choix du partenaire. Les hormones du cycle menstruel permettent un véritable décodage génétique du partenaire (via les baisers, la salive) pour éviter de nous accoupler avec des partenaire avec qui nous avons trop de gènes en commun.

Une des théories phares disait que les femmes sous contraception hormonale avait plutôt tendance à choisir des hommes qui leurs ressemblaient génétiquement (ce qui est contre-productif d’un point de vue de la reproduction humaine). Plus récemment, des études ont montré que c’était surtout valable pour les partenaires à court-termes (plus communément appelés copains-de-lit).

Alors, toutes hystériques ?

Nous avons vu comment les hormones féminines impactent le cerveau pendant le cycle, la grossesse et sous pilule.

Les hormones ne rendent pas les femmes hystériques

Tu l’auras compris, ce n’est pas l’utérus mais le cerveau et les ovaires qui gouvernent nos fluctuations hormonales.

Rappelons que nous ne sommes pas les victimes de nos hormones, pour autant qu’on puisse les comprendre et reconnaitre la place subtile qu’elles occupent dans nos vies de femmes. Nous ne sommes tout simplement pas HYSTÉRIQUES et c’est même l’inverse.

Mieux que ça : il est possible de biohacker notre corps pour bénéficier des effets positifs des hormones sur notre quotidien :
En première moitié de cycle, nous sommes prédisposées à nous investir dans de gros projets, prendre des décisions importantes et socialiser.
Tandis qu’en seconde partie de cycle menstruel, nous avons davantage besoin de me-time et de temps de qualité passés avec nos proches.

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*Sources :
Implicit memory varies across the menstrual cycle – Pauline Maki
Maternal defense : breast feeding increases agression by reducing stress – Jennifer Han-Holbrook

Marjorie

Fondatrice de MoonFlow, j'accompagne les femmes à révéler la magie de leur Essence Féminine. Grâce à la naturopathie et la compréhension du Cycle Féminin, mes clientes retrouvent leur énergie et leur liberté, à chaque étape de leur vie.